Violations des droits des travailleurs, allégations d’actes criminels dans une mine canadienne au Mexique : les Métallos pressent Ottawa d’agir

TORONTO, 27 mai 2026 (GLOBE NEWSWIRE) -- Un comité d’enquête de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) a conclu à de graves violations des droits de la personne et des droits des travailleurs à la mine Camino Rojo, propriété d’une entreprise canadienne, à Zacatecas, au Mexique.

Le comité, nommé aux termes du mécanisme de réponse rapide (MRR) de l’ACEUM, a rendu publiques les conclusions de son enquête sur une plainte déposée auprès du gouvernement américain par le syndicat mexicain Los Mineros, soutenu par le Syndicat des Métallos.

Selon le comité d’enquête américain, des travailleurs de la mine Camino Rojo, détenue par la société canadienne Orla Mining (en cours d’acquisition par Equinox Gold), ont été contraints de se désaffilier de Los Mineros et d’adhérer à un syndicat pro-employeur. Le comité a aussi constaté qu’un sous-traitant engagé par Orla Mining avait créé « un climat de peur parmi les travailleurs de la mine ».

Les médias canadiens et mexicains ont rapporté que ce sous-traitant aurait été lié au crime organisé, qu’il avait un accès illimité à la mine, qu’il avait perturbé des réunions syndicales avec des hommes armés et proféré des menaces de mort à l’encontre des dirigeants syndicaux, les forçant, eux et leurs familles, à se cacher.

À la lumière des conclusions du comité de l’ACEUM, le Bureau national canadien des Métallos exhorte le procureur général du Canada à envisager des poursuites pénales contre Orla Mining.

« Les agressions alléguées contre des membres de Los Mineros à la mine Camino Rojo sont tout simplement scandaleuses et inacceptables : une entreprise canadienne serait impliquée dans des actes antisyndicaux violents au Mexique, possiblement avec le soutien du crime organisé », a déclaré Marty Warren, directeur canadien des Métallos.

« La révision de l’ACEUM devant débuter prochainement, il faut que justice soit rendue pour protéger le droit des travailleurs de se syndiquer, sans contrainte ni menace », a ajouté Marty Warren.

Le 4 mai, Orla Mining a publié une déclaration affirmant se conformer aux conclusions du comité de l’ACEUM, incluant une déclaration de neutralité en matière de syndicalisation, la formation des cadres et des travailleurs sur la liberté d’association, ainsi que sur la reconnaissance des droits du syndicat Los Mineros à la mine.

Si ces engagements sont importants, il manque toutefois des mesures de réparation pour les victimes du crime organisé et de la complicité alléguée de l’entreprise, en particulier les membres de Los Mineros contraints de se cacher et qui continuent de recevoir des menaces, soulignent les Métallos. Orla Mining et le gouvernement mexicain doivent garantir aux travailleurs la possibilité de retourner en toute sécurité à leur travail et chez eux, en éliminant la présence du crime organisé de la mine et de la collectivité voisine.

Les conclusions relatives aux violations des droits de la personne et des droits des travailleurs à la mine de Camino Rojo découlent d’une plainte déposée auprès du gouvernement américain en vertu des dispositions de l’ACEUM. Une plainte similaire concernant Orla Mining a été déposée par les Métallos auprès du gouvernement canadien en novembre 2024, mais elle n’a pas été traitée aussi rapidement et n’a pas mené à une enquête, fait remarquer le Syndicat.

Aux termes du MRR de l’ACEUM, après que le Bureau canadien des Métallos a soumis la plainte à Emploi et Développement social Canada (EDSC), le gouvernement canadien disposait de 40 jours pour accepter, puis l’examiner avant de déterminer s’il y avait lieu de la transmettre au gouvernement mexicain.

Cependant, EDSC a mis près de 18 mois pour conclure cette première étape, avant de transmettre la plainte le 28 avril 2026. Conformément au MRR, le gouvernement mexicain dispose de dix jours pour décider s’il enquêtera sur la plainte. À ce jour, il n’a pas encore rendu sa décision.

Les Métallos exhortent à nouveau EDSC à soumettre la plainte à l’étape suivante : un comité d’enquête international.

« Nous exigeons que le gouvernement canadien prenne au sérieux sa responsabilité de faire respecter les droits des travailleurs et les droits de la personne en vertu de l’ACEUM, en particulier lorsque des entreprises canadiennes sont en cause. Garder le silence revient à compromettre la légitimité du Canada comme défenseur des droits de la personne et des droits des travailleurs, au pays comme à l’étranger », a indiqué Marty Warren.

À propos du Syndicat des Métallos

Le Syndicat des Métallos représente 225 000 membres dans presque tous les secteurs économiques du Canada et est le plus grand syndicat du secteur privé en Amérique du Nord, comptant 850 000 membres au Canada, aux États-Unis et dans les Caraïbes.

Chaque année, des milliers de travailleuses et travailleurs choisissent d’adhérer au Syndicat des Métallos en raison de sa solide réputation à créer des lieux de travail plus sains, plus sécuritaires et plus respectueux, et à négocier de meilleures conditions de travail et des rémunérations plus équitables, y compris de bons salaires, avantages sociaux et régimes de retraite.

Médias :

Marty Warren, directeur national, Syndicat des Métallos, 416 544-5951
Denis St. Pierre, Communications, Syndicat des Métallos, 647 522-1630, dstpierre@usw.ca


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